La révolution du microlearning

ATD- microlearning-elearning-Patrick Duperré

En mai dernier, nous vous avons demandé de choisir parmi une sélection d’ateliers s’étant déroulés au très prestigieux congrès de l’ATD* à Denver, où se sont rendus Jean-Philippe Bradette, vice-président stratégies de formation, et Patrick Duperré, directeur stratégies de formation d’Ellicom. Nous vous remercions d’avoir participé en grand nombre à notre sondage dont nous vous dévoilons les résultats sans plus tarder !

Vous avez majoritairement porté votre choix sur : The Microlearning Revolution: A Bold New Model for Developing Organizational Talent. Voici donc un court article dans lequel nous ferons un survol de la conférence sur le microlearning, ainsi qu’un résumé de l’expérience globale vue par Patrick Duperré.

Son expérience

C’était la troisième fois que Patrick se rendait à l’ATD pour faire le plein de nouvelles idées, faire l’état de la situation actuelle du domaine de la formation et rencontrer ses pairs. Les deux dernières fois qu’il avait mis les pieds à l’ATD remontent à 2004 et 2008.

Cette année, ce qui l’a le plus marqué, c’est la saveur internationale de l’événement : les participants provenaient de PARTOUT dans le monde. Patrick raconte qu’il y avait même un endroit prévu pour les différentes délégations, où pouvaient se regrouper les congressistes en provenance de l’étranger. « Cela amenait une saveur nouvelle à ce genre d’événement qui se veut être également un lieu de partage où la différence entre nos réalités donne lieu à des échanges riches et variés » souligne Patrick.

La révolution du microlearning

Cette conférence était donnée par Stephen Meyer, président et chef de la direction du Rapid Learning Institute, un fournisseur américain spécialisé en solutions de microlearning. Le conférencier a démontré que de courtes capsules étaient bien souvent la solution aux maux de tête des gestionnaires, qui manquent souvent de ressources pour coacher et suivre la formation de leurs employés autant que nécessaire.

Selon Stephen Meyer, le microlearning permet à l’apprenant de rester engagé tout en respectant le temps dont il dispose pour se former et appliquer ce qu’il a appris à long terme. De plus, cette solution correspond au profil des fameux Millenials, adeptes de formations just-in-time et suspendus à leur cellulaire. Le microlearning est donc devenu plus qu’un buzzword : le public s’est de plus en plus familiarisé avec cette solution d’apprentissage.

Mais ce qui intéresse vraiment Patrick c’est le côté plus compliqué de la chose. Le microlearning est plus qu’une question de durée et de forme (par segments ou épisodes) : c’est le Comment. Comment divisons-nous la théorie ? Comment organisons-nous la performance ? Cela va bien au-delà de prendre une vidéo de longue durée et la morceler ! Selon Patrick, les fondements du microlearning reposent sur la performance :

  • Le « how to »

Le contenu doit être orienté sur une tâche à exécuter

par ex : comment faire un café au lait

  • L’orientation

La tâche doit être organisée en commençant par le générique vers le spécifique ou d’une spécificité vers une généralité. Pour ce faire, l’information sera organisée ou simplement divisée en différentes sections :

  1. une introduction qui décrit à la fois la tâche et la problématique ;
  2. une activité (résolution de problème ou accomplissement de tâche) ;
  3. une conclusion sous forme de rétroaction sur l’activité ou la performance de l’apprenant.
  • Le respect des principes de la théorie de Merrill : Component Display Theory (CDT)
  1. la formation sera plus efficace si les trois formes de performance principales s’y retrouvent (le souvenir, l’utilisation, la généralité) ;
  2. les formes principales seront présentées grâce à des techniques pédagogiques explicatives ou inquisitoires ;
  3. leur ordre d’apparition n’a pas d’importance tant qu’on les retrouve toutes les trois ;
  4. il est recommandé que les apprenants aient un certain contrôle sur le nombre de cas ou d’activités pratiques qui leur sont présentés.

L’exemple du café est universel et vient appuyer le concept : pourquoi un café latte, que le barista au café du coin prend 3 minutes à préparer, devrait nécessiter 30 minutes d’enseignement ? La formation doit suivre le rythme d’une société qui va toujours plus vite.

Une étude faite par Visible Measures sur les consommateurs de vidéos YouTube démontre d’ailleurs qu’après 30 secondes, le tiers des internautes quittent la page et que la moitié d’entre eux sont déjà partis après 60 secondes. De plus, vous remarquerez que lorsque nous consommons une vidéo sur Internet, nous avons le réflexe de toujours pointer la souris sur le « x » qui nous permet de fermer la fenêtre pour aller voir ailleurs…

Finalement, Patrick se joint à M. Meyer pour dire que la durée est CRITIQUE quand il s’agit de formation.

*L’Association for Talent Development ou le plus grand congrès du domaine de la formation en Amérique du Nord, c’est :

  • 4 jours
  • 10 000 (+) participants
  • 400 (+) conférenciers
  • 300 (+) conférences et ateliers

 

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